Au réveil, peu avant le lever du jour, je demeurais au lit un moment, les yeux ouverts. En imagination, je passais la main sur ma vie et ressentais au bout de mes doigts la rugosité de toutes mes erreurs, regrets, occasions manquées, ratées. Cela durait un temps. Pour faire passer l’angoisse et l’amertume, dont je connaissais bien la puissance, je suivais le tracé des veines de plâtre au plafond, les fissures, réorganisais mes visions intérieures. Je pouvais imaginer un lac et même si cette image m’attristait, elle me faisait du bien. J’avais encore en moi l’espoir un jour d’être heureux.
JP
mercredi 11 juin 2008
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