« Écrire, c'est vivre, c'est penser quelque chose, ça n'est pas correspondre à quelque chose qui doit être fait.» Pascal Quignard
JP
mardi 26 août 2008
jeudi 21 août 2008
les périodes libres
« Dans les périodes libres, j'allais toujours dans le coin des animaux en plastique. On jouait. Moi j'étais toujours le lapin aux yeux rouges. C'était au Jardin des Petits Copains, le vendredi après-midi. Comme pour m'habituer. » Au seuil de l'adolescence, elle me parle de souvenirs d'enfance. Les images précises d'elle à quatre ans dans ses yeux. Son profil souriait. C'est que nous étions immobilisés à un feu rouge et que devant nous passait une ribambelle d'enfants minuscules portant tous un dossard jaune et tous, les uns aux autres, reliés par un cordon. Pour ne pas qu'ils s'échappent, pour freiner et contenir l'idée folle et spontanée qui pourrait venir à l'un d'entre eux de partir en fumée, dissipé dans un rêve, dans une façon de voir le temps. Comme une fusée de carton qui ne peut jamais aller bien loin. Pas encore.
JP
JP
mardi 19 août 2008
sur le pont d'un navire au large
sur le pont d'un navire au large
un garçon s'allonge sur une banquette
blanche et couverte de pluie
dépose la tête sur les cuisses de sa blonde
qui retire de sa poche la bosse de sa main
pour caresser le front de cet homme aux joues roses
les doigts en peigne dans ses cheveux au vent
elle se penche, bouge les lèvres et murmure
elle lui dit: que lui dit-elle?
que peut-elle bien lui dire?
il garde les yeux fermés
elle lui fait de l'ombre pourtant
leurs cheveux se touchent
c'était il y a plus de vingt ans
JP
un garçon s'allonge sur une banquette
blanche et couverte de pluie
dépose la tête sur les cuisses de sa blonde
qui retire de sa poche la bosse de sa main
pour caresser le front de cet homme aux joues roses
les doigts en peigne dans ses cheveux au vent
elle se penche, bouge les lèvres et murmure
elle lui dit: que lui dit-elle?
que peut-elle bien lui dire?
il garde les yeux fermés
elle lui fait de l'ombre pourtant
leurs cheveux se touchent
c'était il y a plus de vingt ans
JP
mercredi 6 août 2008
pointe basse
dans tout ce brouillard
ils sont là sur la route me saluent
longs bras en l'air au loin
comme au fond d'un naufrage
une part d'eux-mêmes en partage
qui remonte en nous pour toucher
ce qu'on a été et qui flotte toujours encore sans fin
des lambeaux de temps mort au vent
rien à faire, de l'ennui à revendre
«en veux-tu, j'en ai pour des années»
plantés là sur le chemin sans savoir
et plus loin derrière eux, une apparition
un garçon traverse un champ
tête penchée sur un autre monde
la main au fond d'une boîte de Ritz
JP
ils sont là sur la route me saluent
longs bras en l'air au loin
comme au fond d'un naufrage
une part d'eux-mêmes en partage
qui remonte en nous pour toucher
ce qu'on a été et qui flotte toujours encore sans fin
des lambeaux de temps mort au vent
rien à faire, de l'ennui à revendre
«en veux-tu, j'en ai pour des années»
plantés là sur le chemin sans savoir
et plus loin derrière eux, une apparition
un garçon traverse un champ
tête penchée sur un autre monde
la main au fond d'une boîte de Ritz
JP
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