« Dans les périodes libres, j'allais toujours dans le coin des animaux en plastique. On jouait. Moi j'étais toujours le lapin aux yeux rouges. C'était au Jardin des Petits Copains, le vendredi après-midi. Comme pour m'habituer. » Au seuil de l'adolescence, elle me parle de souvenirs d'enfance. Les images précises d'elle à quatre ans dans ses yeux. Son profil souriait. C'est que nous étions immobilisés à un feu rouge et que devant nous passait une ribambelle d'enfants minuscules portant tous un dossard jaune et tous, les uns aux autres, reliés par un cordon. Pour ne pas qu'ils s'échappent, pour freiner et contenir l'idée folle et spontanée qui pourrait venir à l'un d'entre eux de partir en fumée, dissipé dans un rêve, dans une façon de voir le temps. Comme une fusée de carton qui ne peut jamais aller bien loin. Pas encore.
JP
jeudi 21 août 2008
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