dormir les premières heures de l'année dans le lit de mon fils
il était dans le mien à l'autre bout de la maison
je n'ai pas osé le prendre, soulever son corps de sept ans
poche de rêves aux cheveux trop longs
pas eu le temps de passer chez le barbier avant les fêtes
le toupet lui couvre un oeil, ça lui fait un de ces regards
il était là dans la pénombre, sa forme reposée
sous les couvertures et la tête sur l'oreiller
mes pieds dépassent du lit, son odeur sur la taie
ses jouets sur les meubles, ses livres
dans la bibliothèque derrière moi
que je regarde à l'envers, des bandes dessinées
des premières encyclopédies, des ouvrages illustrés
sur les chevaliers, sur la préhistoire
les inventions de l'homme, la nature, l'eau
j'en ai oublié des bouts depuis et c'est avec lui
que lentement je réapprends tout ce qu'il faut connaître
oublié comme après un choc, tout est allé trop vite
JP
samedi 3 janvier 2009
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